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Bibliographie - Documents téléchargeables

Titre Mindfulness : la pleine conscience dans les addictions
Codification
Auteur(s) Dr Corry PAYET
Edition SAOME
Année 2018
Lieu d'édition La Réunion
Thème Comportement,Consommateur et entourage,Drogue,Outre-mer,Pathologie,Santé,La Réunion
Lieu de consultation
Type de document Article
Format Numérique
Lien web
Résumé
Les interventions psychothérapeutiques basées sur la pleine conscience sont de plus en plus répandues. Elles auraient fait leurs preuves dans de nombreux domaines notamment dans la régulation émotionnelle.


Qu’est-ce que la pleine conscience ? Jon Kabat-Zinn propose cette définition : la pleine conscience c’est « porter son attention, intentionnellement, au moment présent (stimuli externes et internes, cognitions, émotions) et sans porter de jugement » Il s’agit d’intensifier sa conscience et son attention autant de fois que nécessaire en s’entrainant à ramener son attention sur l’objet de la méditation (la respiration, les sensations corporelles, les sons, les émotions, les pensées (bavardage permanent). Il s’agit ainsi de prendre du recul envers ses expériences intimes en privilégiant un statut d’observateur neutre et dénué de jugement.


Pratique inspirée de la philosophie bouddhiste, la méditation en pleine conscience entre dans le domaine médical sous l’impulsion du médecin Jon Kabat-Zinn qui lui donne une validité scientifique et laïque avec son programme MBSR dès 1979 (Mindfulness Based Stress Reduction ou Réduction du stress basée sur la pleine conscience) destiné aux personnes souffrant d’états anxieux ou de douleurs chroniques pour les aider à mieux affronter les moments de stress quotidiens [1]. D’autres programmes ont suivi tels que :

  • Le MBCT (Mindfulness Based Cognitive Therapy ou Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience) utilisé dans la prévention des rechutes chez les personnes dépressives. Il a été développé par Zindel Segal, John Teasdale (tous deux psychiatres), et Mark Williams (psychologue) [1].
  • Le DBT (Dialectical Behavior Therapy ou Thérapie comportementale dialectique) permet aux personnalités de type borderline de mieux gérer leurs émotions… [2]

Dans le domaine des addictions, ce n’est qu’à partir de la fin des années 2000 qu’un programme spécifique de prévention de la rechute basé sur la pleine conscience (Mindfulness Based Relapse Prevention, MBRP) est proposé par le psychologue G. Alan Marlatt [3]. Le programme est habituellement dispensé en groupe selon un protocole structuré de huit séances hebdomadaires de deux heures. Chaque séance traite un thème particulier qui est introduit au travers de l’expérience faite par les participants lors des différentes pratiques de méditation proposées. Les notions d’acceptation, de bienveillance, de compassion, de mode de vie équilibré, de ressources sont des fils conducteurs. Lors de ces séances les participants sont encouragés à observer et à prendre conscience de l’expérience du moment présent. Cet apprentissage accompagne la distanciation du mode de pilotage automatique. La pratique groupale permet de soutenir le processus, de repérer les freins à la pratique et de développer la bienveillance. Parallèlement aux séances, les patients s’engagent à poursuivre la pratique seul à domicile.

Selon la littérature, les interventions en addictologie basées sur la méditation en pleine conscience (MBRP) ont montré une efficacité en ce qui concerne la baisse de la consommation de substances psychoactives, le craving [4, 5] mais également sur la baisse du lien entre symptômes dépressifs et envies de consommer (meilleure gestion des émotions) [4]. Les mécanismes impliqués dans cette efficacité passeraient par une meilleure acceptation, une attention consciente et un non-jugement [6]. Enfin les résultats en terme de prévention de la rechute, bien qu’équivalents initialement aux interventions classiques, se maintiennent dans le temps et sont supérieurs à 12 mois. [7]

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Auteure : Dr Corry PAYET, médecin rédacteur au Réseau Régional d’Addictologie - SAOME
Avec l’aimable participation d’Elisabeth Legeay, psychologue à l’hôpital Gabriel Martin (service ELSA Ouest) et à l’Institut Robert Debré, formée au programme MBCT et MBSR et propose au sein de ces deux structures un programme de prévention de la rechute en addictologie basé sur la méditation de pleine conscience.

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ANNEXE :
Le questionnaire MAAS (Mindful Attention Awareness Scale ou échelle d’évaluation de la pleine conscience) a été validé pour permettre d’auto-évaluer son aptitude spontanée à la pleine conscience (sa capacité d’attention aux stimuli internes et externes)


ECHELLE D’EVALUATION DE LA PLEINE CONSCIENCE



Vous pouvez avoir une idée de votre prédisposition à la pleine conscience en répondant aux questions suivantes par Presque toujours, Très souvent, Assez souvent, Assez peu, Rarement, ou Presque jamais.

1. Je peux vivre une émotion et ne m’en rendre compte qu’un certain temps après.
2. Je renverse ou brise des objets par négligence ou par inattention, ou parce que j’ai l’esprit ailleurs.
3. Je trouve difficile de rester concentré sur ce qui se passe au moment présent.
4. J’ai tendance à marcher rapidement pour atteindre un lieu, sans prêter attention à ce qui se passe ou ce que je ressens en chemin.
5. Je remarque peu les signes de tension physique ou d’inconfort, jusqu’au moment où ils deviennent criants.
6. J’oublie presque toujours le nom des gens la première fois qu’on me les dit.
7. Je fonctionne souvent sur un mode automatique, sans vraiment avoir conscience de ce que je fais.
8. Je m’acquitte de la plupart des activités sans vraiment y faire attention.
9. Je suis tellement focalisé sur mes objectifs que je perds le contact avec ce que je fais au moment présent pour y arriver.
10. Je fais mon travail automatiquement, sans en avoir une conscience approfondie.
11. Il m’arrive d’écouter quelqu’un d’une oreille, tout en faisant autre chose dans le même temps.
12. Je me retrouve parfois à certains endroits, soudain surpris et sans savoir pourquoi j’y suis allé.
13. Je suis préoccupé par le futur ou le passé.
14. Je me retrouve parfois à faire des choses sans être totalement à ce que je fais.
15. Je mange parfois machinalement, sans savoir vraiment que je suis en train de manger.

À chaque question si vous avez répondu par
Presque toujours, comptez 1 point ;
Très souvent, comptez 2 points ;
Assez souvent, comptez 3 points ;
Assez peu, comptez 4 points ;
Rarement, comptez 5 points ;
Presque jamais, comptez 6 points.

Faites la somme de vos points et divisez par 9. Vous obtiendrez, sur dix, votre score de prédisposition à la pleine conscience, d’autant meilleure que ce score sera élevé.


« Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace, il est en notre pouvoir de choisir notre réponse. Dans notre réponse repose notre potentiel de développement et notre liberté. » Viktor Frankl

Toutes les références de cet article sont présentées dans l’article source :
Consulter l’Article « Mindfulness : la pleine conscience dans les addictions » (PDF - 488.8 ko).

Publié le 15 mars 2018