Handicap et addictions



« Constitue un handicap, au sens de la loi toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. » [1]



En France, 9,6 millions de personnes, âgées de 15 à 64 ans et vivant à domicile, sont considérées comme étant en situation de handicap. A La Réunion, en 2014, selon le baromètre INPES [2] et les données de la MDPH [3], on compte environ 40000 personnes en situation de handicap (4 à 5% de la population réunionnaise) [4].

Handicap et addictions

Chez les personnes déficientes, la prévalence des addictions est plus importante que dans la population générale.
Les liens entre handicaps et addictions peuvent être bidirectionnels : une situation de handicap peut entrainer un trouble addictif (réponse inadaptée à une souffrance physique ou psychique, vecteur d’un lien social alteré suite au handicap) et inversement nombre de complications peuvent résulter des conduites addictives et ainsi entrainer une situation de handicap (ex : AVC ishémique chez un fumeur, AVC hémorragique sur poussée hypertensive liée à une consommation chronqiue d’alcool, malvoyance secondaire à une atteinte des nerfs optiques (neurotoxicité de l’alcool), SAF….).


Quelques exemples [5] :

  • Chez les déficients visuels il y’a 1,8 fois plus de troubles de l’usage de l’alcool et 1,4 fois plus de tabagisme.
  • Chez les déficients mentaux, on constate une plus grande consommation tabagique (de 30,5 % à 39,8 % selon les études, comparativement à 28 % dans la population générale).
  • Chez le déficient psychique, les personnes souffrant d’une addiction présentent dans 80 % des cas un diagnostic psychiatrique clairement identifié comme comorbide. Les troubles psychiques les plus représentés sont les troubles de la personnalité (notamment personnalité antisociale), les troubles anxieux et de l’humeur et les troubles psychotiques. L’existence d’une déficience psychique multiplie par trois le risque de trouble de l’usage de l’alcool : il est retrouvé chez 74% des personnalités antisociales, 44% des bipolaires, 33% des schizophrènes, 22% des troubles thymiques et 19% des troubles anxieux.



    Même si les actions de prévention et le soin peuvent se révéler plus complexes pour les personnes souffrant de handicap, il est important que les professionnels s’intéressent tout particulièrement aux problématiques addictologiques au cours des consultations auprès de ce public car d’une part le handicap constitue un facteur de risque de trouble addictif et d’autre part, certaines conduites addictives peuvent entrainer une situation de handicap.

    Supports de prévention des addictions à destination des patients déficients

L’ANSP [6] a débuté un travail d’élaboration de supports adaptés aux personnes déficientes pour leur permettre d’accéder plus facilement aux messages de prévention. Une brochure en braille « j’arrête de fumer » a ainsi été créée, ainsi que des supports pour aider les soignants à mieux informer ce public.

L’ANSP propose des vidéos accessibles destinées à ce public : les vidéos peuvent être regardées avec sous-titres, langue des signes française (LSF), audiodescription. Le rythme de lecture des vidéos peut être ralenti. A ce jour sont disponibles : « j’arrête de fumer » et « le virus du Sida ».




Dr Corry PAYET,
Médecin généraliste et Médecin rédacteur
Réseau Régional d’Addictologie - SAOME




Publié le 7 juillet 2017
Mis à jour le 10 juillet 2017

Notes

[1Loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées »

[2Institut national de prévention et d’éducation pour la santé

[3Maison Départementale des Personnes Handicapées de La Réunion

[4MDPH Rapport 2014

[5Enquête Handicap Santé Ménages du Ministère de la santé :
http://drees.social-sante.gouv.fr/e... ; ; Tableau de bord des addictions 2015 – ORS ; Baromètre INPES 2014 ; Observatoire européen des drogues et des toxicomanies 3° édition 2004

[6Agence Nationale de Santé Publique, anciennement INPES

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