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Compte-rendu du séminaire d’échanges MILDECA. Visite d’une délégation d’acteurs mahorais impliqués en addictologie, à La Réunion du 07 au 10 novembre 2016

Une délégation d’acteurs mahorais impliqués en addictologie, composée de 11 professionnels (Centre Hospitalier de Mayotte, vice-rectorat, SPIP, PJJ, gendarmerie, police, MDA/TAMA et ARS), conduite par le Secrétaire général adjoint de la préfecture de Mayotte, s’est rendue à La Réunion pour trois journées de visites et d’échanges avec leurs homologues réunionnais.



 
 

I. Contexte du séminaire d’échanges

A Mayotte, les problèmes d’addictions sont complexes, le contexte local étant marqué par une diffusion de plus en plus importante de drogues chimiques, notamment auprès des plus jeunes, amplifiant ainsi des phénomènes de violence. Les professionnels œuvrant dans ce champ sont parfois démunis face à cette problématique.
La lutte contre les conduites addictives à Mayotte constitue un enjeu de cohésion sociale, au-delà d’un enjeu de santé publique.
La structuration d’une véritable politique publique en matière de lutte contre les drogues et les conduites addictives est récente sur ce département. Une démarche de mise en réseau des acteurs de terrain, de co-construction d’actions et de formation des acteurs institutionnels et associatifs est impulsée depuis 2015.

La Réunion bénéficie d’une expérience et d’un réseau de professionnels conséquent dans ce domaine.
Ainsi, afin de renforcer la démarche engagée à Mayotte et dans le cadre du programme de coopération régionale en santé dans la zone Sud-Ouest de L’Océan Indien, l’ARS de l’Océan Indien, aux côtés des préfectures de Mayotte et de La Réunion, ont organisé, avec l’appui de la Plateforme d’Echanges et d’Information Drogues et Dépendances (la PEIDD, service de l’association SAOME), la venue de la délégation de professionnels mahorais.

Les objectifs était de :

  • contribuer à la formation des acteurs mahorais sur les conduites addictives dans la zone Océan Indien,
  • renforcer la coopération entre les deux îles,
  • étudier la possibilité et la pertinence de transposer des dispositifs réunionnais sur Mayotte.
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II. Bref état des lieux en lien avec les addictions à Mayotte

Après avoir présenté Mayotte comme une terre de tolérance, de bienveillance et de solidarité, le secrétaire général adjoint de la Préfecture du département, par ailleurs chef de projet MILDECA, a rappelé les spécificités du contexte mahorais, en lien avec les conduites addictives, qui diffèrent du contexte réunionnais de manière significative.
Ces spécificités sont importantes à connaitre et à prendre en compte pour mesurer le travail à accomplir sur ce territoire et comprendre que les dispositifs réunionnais ne sont pas systématiquement duplicables, en l’état, à Mayotte.

2.1/ Consommations de substances psychoactives

Le cannabis, nommé à Mayotte le « bangué », le tabac et l’alcool sont les produits les plus répandus à Mayotte. Cependant, les « chimiques » (cannabinoïdes de synthèse) sont en pleine progression. L’usage de ces substances, essentiellement chez les jeunes, engendrent de plus en plus de conséquences sanitaires, sociales, judiciaires…, parfois dramatiques (déscolarisation, exclusions familiales, violences, vols…).
Par ailleurs, il y a, à ce jour, peu de données diagnostiques fiables sur ce thème, qui permettent de proposer des axes d’intervention éclairés.

Pour répondre à ce besoin, des études sont en cours ou prochainement prévues :

  • Un tableau de bord des Addictions est actuellement mis en œuvre sur le département par l’Observatoire Régional de la Santé de l’Océan Indien. La constitution du comité de pilotage de cette étude est en cours et tous les acteurs mahorais concernés par cette problématique sont invités à participer à la phase de recensement des constats et des besoins d’information, en répondant à un questionnaire en ligne sur la PEIDD.
  • Une étude, qui portera plus particulièrement sur les « chimiques » afin de mieux appréhender ce type d’usage, porté par l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) devrait débuter en janvier 2017.
  • Une enquête Santé Jeunes, auprès des élèves de 6è, en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé, évoquera notamment la consommation d’alcool et de tabac des jeunes, en 2017.

Les données issues de ces études et enquêtes permettront de poser un état des lieux plus précis de l’usage des substances psychoactives de la population. Ceci devrait permettre de proposer des stratégies d’intervention en termes de prévention des conduites addictives à Mayotte.

2.2/ Populations

Une partie importante de la population ne bénéficie pas d’accès à la santé ni au logement, notamment parmi les mineurs isolés. Ce qui favorise parfois l’usage de substances psycho-actives, en particulier chez des jeunes désœuvrés, avec toutes les conséquences (bio-psycho-socio-culturelles) que cela implique.

2.3/ Infrastructures et moyens humains

A ce jour, l’offre de prévention, d’accompagnement et de soins en lien avec les conduites addictives est loin d’être aussi développée qu’à La Réunion.
Pour exemple, en termes de prise en charge, il n’existe qu’un service d’addictologie, en ambulatoire, composé d’un médecin à mi-temps, d’une infirmière et de deux psychologues pour l’ensemble du département (212 000 habitants recensés en 2012 avec une actualisation des données en cours dans le cadre du recensement de 2017 avec une population qui devrait dépasser les 300 000 habitants).
Parallèlement, le territoire de Mayotte manque à ce jour de professionnels, notamment dans le champ sanitaire, et il existe un turn-over très important de ces derniers, ce qui ne facilite pas la mise en place et la continuité d’actions sur le terrain.
Les cas complexes sont à ce jour orientés vers le Centre Hospitalier Felix Guyon, mais la prise en charge dans la cadre d’évacuation sanitaire n’est pas toujours possible.
La mise en place d’un groupement hospitalier de territoire (GHT) pourrait favoriser la coopération entre La Réunion et Mayotte dans la structuration de l’offre de la prise en charge à Mayotte.

2.4/ Formation des professionnels

Le département ne dispose pas de formation spécifique en addictologie, telle que le Diplôme Universitaire en Addictologie.
A ce jour, l’IREPS de Mayotte (Instance Régionale d’Education et de Promotion de la Santé) propose ponctuellement des cessions de formation / sensibilisation aux professionnels, en lien avec le service d’addictologie du Centre Hospitalier du département.
Par ailleurs, l’association Réseau OTE !, en partenariat avec la Préfecture de Mayotte, l’ARS-OI et le Pôle de Compétences, a proposé une formation de deux semaines en addictologie aux acteurs mahorais dans le but d’assurer l’opérationnalité du dispositif de prise en charge des patients en addictologie.

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III. Compte-rendu des visites des membres de la délégation

Lors de son séjour à La Réunion, la délégation d’acteurs mahorais impliqués en addictologie, conduite par le Secrétaire général adjoint de la préfecture de Mayotte, a rencontré et échangé avec des professionnels de l’addictologie à La Réunion, pour prendre connaissance de l’existant à La Réunion et s’en inspirer afin de créer les outils qui répondent aux besoins locaux, selon les ressources disponibles et mobilisables à Mayotte.

3.1/ Association SAOME (Santé Addictions Outre-Mer)

Après avoir présenté leurs secteurs respectifs, les coordinateurs de SAOME ont proposé des pistes de collaboration avec les acteurs mahorais :

  • Avec le secteur prévention :
    • Proposer l’implantation / la coordination :
    • Adapter sur demande des supports de prévention crées par SAOME
  • Avec le Réseau Régional d’Addictologie (RRA) :
    • Proposer aux professionnels de 1er recours de :
      • participer aux rencontres interprofessionnelles (en visio-conférence),
      • s’abonner aux communiqués du RRA…
  • Avec la Plateforme d’Echanges et d’Appui Drogues et Dépendances (PEIDD) :
    • Favoriser les synergies entre les acteurs de La Réunion et ceux de Mayotte (colloques, journées d’échanges…),
    • Proposer aux acteurs mahorais impliqués en addictologie (de manière directe ou non) :
      • d’intégrer l’annuaire de la PEIDD,
      • de valoriser les actions / publications … via la PEIDD,
      • de s’abonner à l’infolettre mensuelle de la PEIDD.

En savoir plus : voir la présentation de SAOME aux membres de la délégation

3.2/ Structures sanitaires

3.2.1/ L’Equipe de Liaison et de Soins en Addictologie (ELSA) du Centre Hospitalier Gabriel Martin (CHGM)

A noter : les services d’addictologie des centres hospitaliers Nord, Sud et Est proposent également une ELSA dans leurs services.

Après les allocutions d’ouverture du séjour de la délégation mahoraise (par le directeur du CHGM, le Sous-préfet chargé de cohésion sociale et de la jeunesse, chargé de mission MILDECA à La Réunion, son homologue mahorais, secrétaire général adjoint à la Préfecture de Mayotte et le directeur de la délégation Réunion de l’ARS OI), les membres de la délégation ont bénéficié d’une présentation de l’Equipe de Liaison et de Soins en Addictologie et des consultations externes du CHGM.

Le Docteur Leïla AMOR, chef de service de l’ELSA, a présenté l’historique de la mise en place de l’ELSA au CHGM et les activités proposées par l’équipe.
Celle-ci est chargée d’intervenir au sein de l’hôpital pour favoriser la prise en charge des conduites addictives. Elle propose également des consultations externes (entretiens psychologiques, infirmiers, consultations médicales), des ateliers (ateliers motivationnels, de maintien au changement, programme de pleine conscience et de prévention de la rechute…) et des groupes de parole.

Contrairement aux autres ELSA, l’équipe du CHGM ne s’appuie pas sur un service d’addictologie intra-hospitalier.

3.2.2/ Le service d’addictologie du Centre Hospitalier universitaire Felix GUYON (CHU Nord)

A noter : les Centres Hospitaliers Sud et Est disposent également d’un service d’addictologie.
Le Docteur David METE, chef de ce service d’addictologie, a présenté l’historique de la mise en place du service d’addictologie (depuis 2001, auparavant service d’alcoologie crée en 1988) au CHU Nord et les activités proposées par l’équipe.
Tout comme les autres services d’addictologies hospitaliers, il propose une prise en charge résidentielle et ambulatoire des usagers souffrant de conduites addictives, avec ou sans substance.
Y sont proposés :

  • un sevrage médicalisé,
  • une aide au maintien de l’abstinence ou à la réduction des risques,
  • des activités thérapeutiques de groupe (psychothérapies, travail corporel, relaxation, art-thérapie, groupes de soutien à la famille, diététique…)...

500 patients y sont hospitalisés par an, sur une durée de 2 à 3 semaines (9 lits d’hospitalisation).
Le Docteur David METE, chef de ce service d’addictologie, rappelle l’importance du travail mené en amont de l’hospitalisation avec les usagers afin de les y préparer et d’en favoriser la réussite.
Il insiste également sur la nécessité de prendre en compte les aidants et entourage des patients dans la prise en charge et l’intérêt des activités thérapeutiques de groupe proposées.
Le Docteur METE travaille en lien avec le Docteur YOUSSOUF du service d’addictologie du CHM, dans le cas de patients évacués (EVASAN).
Il travaille par ailleurs avec des pays de la zone Océan Indien (les Seychelles, Madagascar), dans le cadre de la coopération régionale.

3.3/ Structures médico-sociales

3.3.1/ Le Réseau OTE !

Les membres de la délégation ont rencontré les équipes pluridisciplinaires et certains membres du conseil d’administration du Réseau OTE ! (prévention, CAARUD, CSAPA, CJC…) qui leur ont présenté l’historique et l’évolution de l’association et de ses services.

Ils ont particulièrement été intéressés par l’approche proposée en Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour les Usagers de Drogues (CAARUD).
Un CAARUD est un établissement médico-social destiné à accueillir les usagers de drogues avec un minimum de conditions : principe de l’accueil inconditionnel. Il s’agit d’aller à la rencontre de l’usager, et s’il en est d’accord, de partir de là où il se trouve pour l’accompagner, à son rythme, vers une prise en charge globale.

Le CAARUD assure ainsi des missions de réduction des risques sanitaires et sociaux, de manière anonyme et gratuite, par le biais de :

  • l’aide à l’hygiène et aux soins de première nécessité,
  • l’incitation au dépistage et l’orientation vers le système de soins,
  • la mise à disposition de matériel de prévention des infections,
  • l’intervention de proximité en extérieur en vue d’établir un contact avec les usagers.

Les membres de la délégation ont par ailleurs visité les locaux de l’association, dont le CSAPA, inauguré officiellement le lendemain de leur passage.

Ils ont par ailleurs participé aux tables rondes organisées à l’occasion des 20 ans de l’association, dans l’optique de contribuer à leur formation sur les conduites addictives.
Ils ont ainsi pu assister à des réflexions et échanges en présence de professionnels reconnus au niveau national (le Docteur LOWENSTEIN, le Docteur MOREL, le Docteur LEBEAU, M. COUTERON…) notamment sur les thèmes de :

  • la Réduction des Risques et des Dommages en termes d’addictions,
  • la place de l’usager dans son accompagnement et sa prise en charge,
  • l’évolution de la législation, (...)

3.3.2/ L’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie de La Réunion (ANPAA 974)

L’ANPAA 974 dispose de 4 CSAPA (Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), répartis sur les 4 bassins de La Réunion. Le Réseau OTE dispose d’un CSAPA spécialisé dans l’Ouest du département, en lien avec les drogues illicites, les médicaments détournés de leur usage, les addictions sans substance (…).

Un CSAPA est un établissement médico-social spécialisé dans la prise en charge des problèmes d’addiction avec ou sans substance (alcool, tabac, drogues illicites, médicaments détournés de leur usage thérapeutique, jeux, cyberaddiction, sexe…)
Le CSAPA assure les actions de prévention et de soins aux personnes souffrant d’addiction ou se posant des questions sur leurs consommations / comportements et accompagne leur entourage, de façon anonyme et gratuite.
Les CJC (Consultations Jeunes Consommateurs) figurent parmi les services proposés par les CSAPA.
Il s’agit de consultations d’évaluation, d’orientation et d’accompagnement des jeunes consommateurs de produits psychoactifs et de leur entourage.
Le principe est de faire le point, de proposer une aide selon les besoins, afin d’éviter que la consommation ne devienne problématique.
A La Réunion, toutes les CJC sont rattachées à un CSAPA.

Par ailleurs, l’ANPAA 974 a récemment ouvert :

  • 2 équipes mobiles de consultations avancées en structures sociales qui vont à la rencontre des usagers,
  • 2 équipes mobiles qui vont à la rencontre des femmes en difficultés avec la consommation d’alcool, dans le cadre du projet régional de prévention et de prise en charge des TCAF (Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale).

Parmi les actions menées par l’ANPAA 974, celle de sensibiliser les professionnels en lien avec les usagers de drogues, notamment en milieu scolaire, pour leur permettre d’intervenir à leur niveau ou d’orienter vers des structures adaptées.
Tout comme pour le Réseau OTE, l’ANPAA bénéficie d’un secteur de prévention qui permet de faire le lien entre les bénéficiaires de leurs actions et les autres secteurs (CJC, CSAPA) afin de réduire, si le besoin se fait sentir, les risques et les dommages liés aux conduites addictives.
Un travail important est également mené auprès de l’entourage des usagers, afin notamment de maintenir le lien avec ces derniers et de faciliter le parcours de prise en charge.

La question de l’ouverture d’une antenne ANPAA à Mayotte a été abordée et serait considérée comme souhaitable pour le territoire. Toutefois, l’association réfléchit en interne et à moyen terme à son implantation sur l’île de Mayotte.

Pour en savoir plus sur ces offres de soins, consulter l’annuaire en ligne de l’addictologie à La Réunion 2015/2016, réalisé par le Réseau Régional d’Addictologie de SAOME.

3.4/ La brigade des stupéfiants (Police Nationale – DDSP 974)

La brigade des stupéfiants dispose de 4 enquêteurs qui travaillent sur l’ensemble du département, afin de démanteler des trafics de stupéfiants et ainsi réduire les dommages liés à ces stupéfiants à La Réunion.
La commissaire de la sureté départementale et son équipe ont présenté le fonctionnement de leur service, l’état actuel du trafic à La Réunion (Crystal, Artane, cannabis…), les systèmes de surveillance et les partenariats avec d’autres services (notamment les douanes) afin de mettre à jour ces trafics.

3.5/ L’Observatoire Régional de la Santé de l’Océan Indien (ORS OI)

L’ORS OI est chargé par l’ARS OI d’étudier la consommation des produits licites et illicites des Mahorais. Un tableau de bord des addictions est en cours de réalisation.
Ce travail, qui se fait en 5 étapes, a commencé avec l’identification des besoins, des sources et indicateurs et un début de recueil des données. S’en suivront les étapes de mise en forme puis d’interprétation des données avant une diffusion de ces dernières, par le biais du « Tableau de bord des Addictions ».
L’ORS OI constitue actuellement un comité de pilotage (COPIL) qui veillera à orienter, suivre, valider les choix stratégiques : quels sont les constats, les besoins, quelle méthodologie pour réaliser ce tableau de bord.

Les membres de la délégation se sont vus proposer d’intégrer ce COPIL. Ce qui pourrait permettre de poursuivre leur implication dans la prévention des conduites addictives à Mayotte.

Par ailleurs, afin de recenser les constats actuels et les besoins d’information des acteurs mahorais concernant les addictions à Mayotte, l’ORS OI propose un questionnaire aux professionnels qui œuvrent en lien avec ce champ.

3.6/ La MILDECA

La délégation a par ailleurs été reçue par la Présidente de la MILDECA, Mme JOURDAIN MENNINGER, qui mesure les difficultés propres au territoire de Mayotte concernant les conduites addictives, le peu de données disponibles, tout en rappelant que la lutte contre les addictions doit être une priorité pour les Départements d’Outre-Mer et notamment à Mayotte.
La Présidente s’est attachée à connaitre de quelle manière chacun œuvre en addictologie dans sa structure et d’envisager les perspectives d’évolution afin de développer ou d’optimiser les actions menées à Mayotte.

Elle a encouragé cette coopération régionale entre La Réunion et Mayotte afin que se développent sur ce département la prévention, la lutte et la prise en charge des addictions, tout en rappelant le soutien appuyé de la MILDECA aux territoires d’Outre-Mer.

L’ensemble des professionnels rencontrés est tout à fait disposé à travailler en collaboration avec les acteurs mahorais, que ce soit par :

  • le partage d’outils,
  • l’orientation de patients,
  • la réflexion sur un projet,
  • l’étude de la situation locale…
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IV. Perspectives envisagées pour le département de Mayotte, suite à ce séminaire

Ce séjour a permis dans un premier temps à tous les membres de la délégation de mieux se connaitre et de partager leurs points de vue sur leurs missions respectives concernant le territoire mahorais.
Tous ont manifesté une volonté forte de s’impliquer de manière collégiale autour de la problématique des addictions.

La délégation a eu un aperçu des services et structures proposés à La Réunion en addictologie, qui pourraient être source d’inspiration pour les projets à venir.
Ainsi, à leur retour à Mayotte, la Préfecture prévoit de constituer un comité de pilotage afin de synthétiser les informations et réflexions recueillies par le groupe durant leur mission à La Réunion.

Un des premiers constats de la délégation pendant leur séjour est que les structures réunionnaises ne sont pas adaptées en l’état au contexte mahorais. Charge à cette délégation d’être force de proposition concernant des dispositifs, des protocoles, qu’ils soient expérimentaux ou qu’ils s’inspirent de l’existant, sous conditions de financements disponibles ou mobilisables.

Parmi les pistes de travail envisagées, sans déterminer leur possible mise en œuvre, ont été évoquées en termes de (liste non exhaustive) :

Diagnostic territorial

  • S’impliquer dans le comité de pilotage, en lien avec l’Observatoire Régional de la Santé de l’Océan Indien, pour la mise en œuvre d’un tableau de bord sur les addictions à Mayotte.

Formation

  • Poursuivre la mise en place d’un langage commun par la formation des professionnels (e-learning…).
  • Voir sous quelles conditions proposer aux acteurs mahorais de bénéficier du Diplôme Universitaire d’Addictologie (formation condensée en 1 semaine, comme cela a été proposé aux Seychelles, formation en e-learning…).
  • Relancer la demande de formation PFAD (Policiers Formateurs Anti-Drogue).

Prévention

  • Adapter le « Moi(s) sans tabac » à la période du Ramadan et prévoir le même type de dispositif pour l’alcool.
  • Innover dans les actions proposées à conditions d’en faire une évaluation.
  • Etudier les pistes de prévention en e-santé afin d’impliquer la population dans la démarche de prévention.
  • Proposer de préférence des actions longitudinales.
  • Favoriser les actions en coopération multi-partenariales.
  • Valoriser dans les actions de prévention les comportements sains et le développement des compétences psychosociales (travailler notamment sur l’estime de soi et l’affirmation de soi).
  • Proposer des actions de soutien aux familles et à la parentalité afin d’impliquer des parents et autres personnes ressources, leur apporter des informations faibles et qu’ils les relaient auprès des jeunes : programme SFP ?
  • Envisager une structure de type BPDJ(Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile).

Prise en charge et de travail partenarial

  • Créer une antenne de l’ANPAA à Mayotte.
  • Développer la prise en charge addictologique (en milieu hospitalier et/ou ambulatoire).
  • Récupérer le cahier des charges concernant les stages de sensibilisation (injonctions thérapeutiques) avec l’ANPAA 974 pour voir si ce type de stage est applicable à Mayotte.
  • Développer les actions « d’aller vers » les usagers pour les accompagner vers le soin.
  • Renforcer le travail partenarial des professionnels de divers services autour des patients suivis.
  • Voir avec le CHU la possibilité de bénéficier des achats groupés pour les patchs nicotiniques à destination du CHM de Mayotte.
  • Etablir un protocole pour évacuer en EVASAN les patients complexes au service d’addictologie du CHU de La Réunion,
  • Voir si Mayotte est concerné par les TCAF (Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale). Si c’est le cas, s’appuyer sur le centre ressources TCAF pour envisager un travail sur le département.
  • Créer un annuaire des acteurs en lien avec l’addictologie à Mayotte avec une partie qui présente le parcours de soins (pour permettre une meilleure lisibilité et travail en réseau).
  • Poursuivre le travail de coopération régional engagé avec La Réunion.

Publié le 17 novembre 2016
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