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L’addictologie en Guadeloupe : données concernant l’état des lieux, les politiques publiques, des acteurs et des initiatives locales

jeudi 11 août 2016, par Sonia Gauthier

La correspondante DFA [1] de la PEIDD [2] s’est rendue en Guadeloupe à l’occasion de la journée « Parcours de soin en addictologie » organisée par le GIP RASPEG et soutenue par l’ARS le 7 juillet 2016.
Un déplacement optimisé par la rencontre en amont d’acteurs et représentants institutionnels locaux, afin de présenter ou entretenir des liens partenariaux avec la plateforme outre-mer.

Quelques données épidémiologiques sur le contexte Guadeloupéen

Données extraites de : « Addictions en outre-mer » Note OFDT [3] 2016. François BECK, Ivana OBRADOVIC, Stanislas SPILKA. 6 mai 2016.


« Le dispositif d’observation des addictions dans les départements d’outre-mer (DOM) se révèle moins développé qu’en métropole, notamment en ce qui concerne les données épidémiologiques en population adulte et plus globalement, pour tout ce qui relève des enquêtes en population générale.
[…]
On observe néanmoins que les DOM connaissent des situations épidémiologiques assez diverses au regard des addictions, à l’image de contextes géographiques, démographiques et socio-économiques fort différenciés […]. Ils partagent, sur le plan économique et social, une situation de précarité liée à l’histoire et à leur situation ultramarine, précarité globalement plus marquée qu’en métropole […].
Les niveaux d’usage de produits sont globalement plus faibles dans les DOM […]. Néanmoins, les DOM se caractérisent par des problématiques spécifiques […].
 »


TABAC
Pour le tabac, malgré des prix inférieurs à ceux pratiqués en métropole, les niveaux de consommation sont nettement inférieurs dans les DOM […].
En 2014, parmi les 15-75 ans, le tabagisme quotidien est 2 à 3 fois moins fréquent dans les DOM qu’en métropole. On compte 12 % de fumeurs quotidiens en Guadeloupe […].

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ALCOOL
En 2014, parmi les 15-75 ans, la consommation quotidienne ou hebdomadaire de boissons alcoolisées est moins importante qu’en métropole […]. À l’inverse, les autres types d’alcools (bières ou alcools forts) sont plus fréquemment consommés quotidiennement […].
Les comportements d’alcoolisation excessive sont en hausse en population jeune, en particulier en Guadeloupe et à La Réunion.

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DROGUES ILLICITES
Les niveaux d’usage de drogues illicites ne font pas exception à la règle et se révèlent également moins importants que ceux mesurés en métropole. En revanche, on y observe des problématiques très spécifiques, comme par exemple une présence importante du crack dans les départements français d’Amérique et des usages problématiques de cannabis parfois élevés.
Parmi les drogues illicites, globalement moins répandues en outremer, le cannabis, quasi exclusivement consommé sous forme d’herbe, arrive en tête parmi les 15-75 ans, avec des niveaux d’expérimentation […] loin devant la cocaïne (moins de 2 %). En termes de consommation, […] les niveaux d’usage actuel sont deux fois inférieurs à la moyenne métropolitaine : 6 % en Guadeloupe, 8 % en Guyane et en Martinique.
[…]
Les Antilles et la Guyane sont particulièrement touchées par la consommation de crack. Si elle reste circonscrite à une population très marginalisée, cette consommation est présente et visible parfois même en pleine rue, en particulier dans les capitales Cayenne, Pointe-à-Pitre et Fort-de-France.
L’âge moyen de l’expérimentation du crack est de 24 ans et, dans environ un tiers des cas, la consommation régulière débute la même semaine que la première prise.

Voir d’autres données dans :
  • « Premiers résultats du Baromètre santé DOM 2014 »
  • La rubrique « Etat des lieux en Guadeloupe » en ligne sur la peidd.

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    Les principaux institutionnels impliqués en lien avec l’addictologie et orientations politiques majeures en Guadeloupe


    Les principaux institutionnels impliqués



    L’ARS de Guadeloupe

    L’Agence de Santé de Guadeloupe, St Martin et St Barthélemy, à sa création le 1er avril 2010, a unifié le service public de la santé et regroupe désormais tous les organismes publics anciennement chargés des politiques de santé et de l’organisation des soins dans la région Guadeloupe :
      • l’Agence Régionale de l’Hospitalisation (ARH)
      • le Groupement Régional de Santé Publique (GRSP)
      • la Mission Régionale de Santé (MRS)
      • et une partie de la DSDS, de la CGSS, de la Direction Régionale du Service Médical (DRSM).

    Voir le site de l’ARS Guadeloupe.

    La Préfecture de Guadeloupe

    Madame Régine PAM, sous-préfète chargée de mission auprès du préfet de la région Guadeloupe, en est la collaboratrice directe concernant le volet social des politiques publiques en matière d’insertion par l’emploi, le logement, la santé ou la réussite éducative.
    Elle a en charge l’impulsion donnée aux actions interministérielles de l’État en matière de :

    • politique de la ville,
    • politiques en faveur de la jeunesse,
    • prévention de la délinquance (volet jeunes),
    • économie sociale et solidaire.

    Impliquée dans la problématique des addictions, Mme PAM a reçu la correspondante de la plateforme et témoigné de son intérêt pour des actions potentielles auprès des populations en errance, exprimé également son besoin d’identifier des initiatives efficaces qui permettraient d’aller vers les populations vulnérables, similaires aux maraudes et permettant d’aborder la prévention, prendre en charge les addictions, ou lutter contre le trafic.

    Orientations politiques majeures



    Politique de la ville

    La loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, promulguée le 21 février 2014 a redéfini la politique de la ville.
    Le point de vue de l’Etat sur les quartiers prioritaires en Guadeloupe a été mené de façon concertée avec les collectivités.
    Aujourd’hui, la nouvelle géographie prioritaire compte 7 communes (dont 2 entrantes), resserrée à 16 quartiers prioritaires des communes de Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Capesterre-Belle-Eau, Basse-Terre, Baillif, Le Moule et Sainte-Rose.

    • Le plan départemental de prévention de la délinquance de la Guadeloupe 2014-2017 comporte un programme de 17 actions structurées autour de trois priorités cohérentes avec la stratégie nationale :

    • priorité n°1 : programme d’actions à l’intention des jeunes exposés à la délinquance ;
    • priorité n°2 : programme d’actions pour améliorer la prévention des violences faites aux femmes, des violences intrafamiliales et l’aide aux victimes ;
    • priorité n°3 : programme d’actions pour améliorer la tranquillité publique.


    Voir toutes les orientations politiques en ligne sur la peidd.

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    Les principaux acteurs de l’addictologie en Guadeloupe

    AGEPTA
    L’AGEPTA est une association à but non lucratif qui a pour objectif d’apporter une aide aux personnes et leur entourage rencontrant des difficultés psychologiques, sociales, médicales et sanitaires liées aux addictions.

    Elle a pour objet :
  • l’éducation sanitaire et la prévention en alcoologie,
  • la promotion et le soutien d’associations d’anciens malades alcooliques,
  • l’aide à toutes études scientifiques locales visant à la prévention et au traitement de l’alcoolisme,
  • la gestion d’un CSAPA [4] baptisé en septembre 2014 du nom de son co-fondateur : le Dr Raphaël SCHOL .
  • Le CSAPA SCHOL a le statut d’Etablissement Médico-social. Son financement est assuré par la Caisse d’Assurance Maladie.


    GIP RASPEG
    Cette structure associative porte la première plateforme territoriale d’appui aux professionnels de santé. Permettant une meilleure prise en charge des patients, dans le cadre de la future loi de santé, la Guadeloupe est le premier département à mettre en place cette plateforme en France.
    L’objectif est de faciliter le travail des 600 médecins généralistes de l’archipel en leur offrant un interlocuteur unique afin de fluidifier et améliorer la prise en charge des patients, notamment ceux en situation dite complexe (souffrant de maladies chroniques ou de plusieurs pathologies).
    Tous les réseaux préexistants -Addictions, Périnat (Naître en Guadeloupe), Hypertension artérielle, Diabète, Asthme et troubles du sommeil, Grandir, ont ainsi fusionné, l’objectif étant que le coordinateur réponde aux besoins du médecin traitant.
    Le coordonnateur doit assurer le suivi, faire le lien avec les différents professionnels de santé et travailler en partenariat avec le secteur social.

    Le GIP RASPEG reste la structure de référence en matière de coordination d’appui auprès des professionnels de santé dans le secteur de l’addictologie.

    IREPS Guadeloupe
    L’IREPS Guadeloupe travaille en étroite relation avec les associations de prévention de Guadeloupe et en interaction avec les services institutionnels.

    L’association a pour missions de :
    • Former les acteurs locaux à la promotion de la santé,
    • Produire des données contribuant à l’analyse locale des besoins en éducation pour la santé et le repérage des leviers d’action,
    • Développer la recherche-action et favoriser les actions sur les territoires ou des thématiques non couvertes en fonction des besoins,
    • Contribuer à la mise en oeuvre des politiques régionales de santé publique,
    • Soutenir méthodologiquement les acteurs locaux,
    • Documenter et communiquer sur des données probantes.

    Ses activités :
  • Des formations initiales et continues sur les concepts d’éducation et de promotion de la santé, les stratégies d’intervention, la méthodologie de projets, l’évaluation...
  • Des appuis techniques et méthodologiques en soutien d’actions auprès des institutions et professionnels de proximité : diagnostic, écriture de projet, mise en oeuvres de stratégies éducatives...
  • Un centre régional de documentation spécialisé en éducation et promotion de la santé offrant aux acteurs des prestations documentaires, l’accès à des outils scientifiques d’intervention et des supports de diffusion ;
  • Des recherches-actions sont conduites en milieu scolaire (écoles maternelles, primaires et collèges) et valorisent l’équilibre alimentaire et l’activité physique.
  • Pour en savoir plus, voir le site de l’IREPS Guadeloupe.

    ORSaG
    L’objectif principal de l’ORSaG est de contribuer à une meilleure connaissance de l’état de santé des populations de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.
    En savoir plus sur l’ORSaG.

    Voir l’ensemble des « Ressources en Addictologie de Guadeloupe » dans le flyer réalisé par le GIP RASPEG.

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    Exemples d’initiatives locales


    Le programme de Formation de l’IREPS à la réduction des risques et des conduites addictives (mis en place depuis 2015).
    L’ARS a demandé à l’IREPS la construction d’un référentiel de formation, élaboré par les institutions ou associations œuvrant dans un domaine spécifique des risques repérés, afin de proposer en 2015 une formation pour les professionnels ou personnes accompagnant les jeunes sur la prévention, le repérage et la prise en charge des publics qui développent des conduites à risques. […]

    Le projet se décline en 2 axes :
    1. Une formation socle proposant des conférences magistrales […] ;
    2. Des journées thématiques abordant par session : la sexualité des jeunes, l’addiction au numérique, la santé mentale, les addictions…

    Cette formation a pris la forme de conférences socles, de conférences magistrales et de journées thématiques abordant par session différents thèmes… En particulier, la modalité pédagogique est basée sur la participation active du public au travers l’utilisation du théâtre forum, en alternance avec des conférences sous l’égide d’une troupe de théâtre, la compagnie « Savann ».

    En savoir plus en consultant :

    Le Proxibus, outil de prévention de proximité auprès des jeunes de 11-25 ans, mis en place par le COREDAF
    Le COREDAF [5] a décidé de mettre en place le Proxibus, une station numérique pour mieux échanger sur les drogues et les addictions.
    Équipé de six ordinateurs, ce bus est dédié à la prévention des addictions chez les 11-25 ans.
    Le Proxibus sillonne l’ensemble du territoire guadeloupéen afin de rentrer en contact avec les jeunes en difficultés dans des lieux ciblés de rassemblement : quartiers écoles lycées.

    Grâce à l’équipement numérique installé dans le bus, les participants peuvent visionner des courts métrages et évaluer leurs connaissances sur les conduites addictives. Cette station numérique est cofinancée par l’ARS, Cap Excellence, et la fondation Semsamar.

    Suivre ce lien pour consulter la brochure.

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    Les récents événements organisés autour de l’addictologie



    • En Mars 2016, a eu lieu la première réunion du COPIL composé de diverses structures (ARS -référent de la Commission Régionale Addiction (CRA), GIP-RASPEG, CSAPA, Associations, Mission locale, Rectorat, Conseil Départemental, DTPJJ [6], BPDJ [7]) afin de faire un état des lieux des actions menées et de celles en cours sur le territoire, d’échanger autour des remontés de terrain et d’identifier des situations prioritaires en matière d’addiction.

    • Le 23 juin 2016, ont eu lieu les Rencontres des acteurs en addictologie (RAGA) 2016 soutenues par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) et l’ARS de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Cet événement s’inscrit généralement dans le cadre de la Journée Internationale de lutte contre l’Abus et le trafic des drogues illicites du 26 juin.

    Après les CJC [8] (en 2014) et les séniors (en 2015), les RAGA 2016 invitaient à réfléchir aux jeunes désocialisés, en situation d’addiction vivant au sein de leurs familles et des jeunes femmes enceintes addictées.

    Consulter le dépliant des RAGA

    • Cette journée à fait émerger un plaidoyer pour un accompagnent dans un parcours de vie, une thématique qui a fait l’objet d’une journée de travail organisée par le GIP RASPEG et soutenue par l’ARS le 7 juillet 2016 sur « le parcours de santé en addictologie ».
    Voir le flyer de la journée « Parcours de santé en addictologie ».

    Au cours de cette journée, les professionnels de l’addictologie qu’ils soient du secteur sanitaire ou social, sont intervenus pour évoquer notamment le patient, l’approche thérapeutique, l’accompagnement.
    Des représentants des usagers étaient également présents.


    Plusieurs propositions ont été faites à l’issue de ce séminaire :
    • structurer une organisation efficace et lisible pour les opérateurs, les partenaires et le public concerné,
    • favoriser le partage d’informations par l’élaboration d’une fiche navette : groupe de travail inter disciplinaire,
    • repenser la communication sur l’organisation du dispositif d’addictologie, les missions propres à chaque structure, les modalités d’intervention validées…
    • réfléchir à une fiche de bonne pratique par type de public : groupe de travail jeunes, séniors, femmes enceintes, patients comorbides en transversalité pour le public précaire,
    • redéfinir la place de l’hospitalisation dans le parcours de soins de l’usager : groupe de travail médicosocial et sanitaire...
    • renforcer les modalités d’intervention en privilégiant l’intervention précoce,
    • développer les interventions de proximité en favorisant la formation des pairs.
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    Remerciements

    Sonia M. GAUTHIER, correspondante DFA de la PEIDD, tient à souligner l’implication de chacun des acteurs rencontrés, témoigne de l’énergie déployée pour faire avancer cette thématique localement.
    Elle remercie chaleureusement les interlocuteurs des structures qui lui ont consacré un temps précieux et envoyé des informations : AGEPTA, ARS, GIP RASPEG, IREPS, Préfecture de Guadeloupe...


    Avec M.BOULON, ARS Guadeloupe
    Au GIP Raspeg, avec Mme Francelise NADESSIN et le Dr Tony ROMUALD

    [1Départements Français d’Amérique

    [2Plateforme d’Echanges et d’Information Drogues et Dépendances

    [3Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies

    [4Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie

    [5Comité de réflexions, de Recherches, d’Action et de Formation en vue de la prévention de déviances psychosociales

    [6Direction Territoriale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse

    [7Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile

    [8Consultations Jeunes Consommateurs