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Cannabis : quelques repères ... (Actualisation octobre 2015)

 
« L’addiction au cannabis concerne plus de 20 millions de personnes dans le monde et un peu plus d’un demi-million de personnes en France. Elle est devenue ces dernières années l’un des premiers motifs de consultation dans les centres spécialisés dans le soin des addictions. De plus la consommation de cannabis concerne principalement une population particulièrement fragile aux effets néfaste de cette drogue : les 16-24 ans, dont 30% en consomme. »
 
 

Présentation de la plante

Deux variétés importantes de la plante de cannabis ont été classées en 1753 par le botaniste suédois Carolus Linneaus. La plus commune est le cannabis sativa, qui est touffue, avec des branches éparses et le cannabis indica en forme de pyramide.
Le cannabis sativa ou chanvre indien est une plante connue pour ses effets psychotropes sous le nom de « cannabis », mais elle a aussi une utilisation commerciale et industrielle en tant que chanvre pour la fabrication de cordes ou de tissus notamment.
La composition chimique de la résine du cannabis a été découverte en 1964 par un professeur israélien : Raphael Mechoulam qui a synthétisé les propriétés chimiques de base de la résine.
Le principe actif du cannabis responsable des effets psychoactifs a été aisi mis en évidence : il s’agit du THC (tétrahydrocannabinol), inscrit sur la liste des stupéfiants. Sa concentration est très variable selon les préparations et la provenance du produit.

 

 

Les formes de cannabis

« L’herbe (marijuana, ganja, beuh, etc.)

Ce sont les feuilles, tiges et sommités fleuries, simplement séchées et éventuellement écrasées. Elles se fument généralement mélangées à du tabac, roulées en cigarette souvent de forme conique (« joint », « pétard »...). La teneur en THC varie en fonction de l’espèce, de la maturation de la plante et de la méthode de culture. »
 

La résine (haschisch, hasch, shit, chichon, etc.)

Elle est obtenue à partir des sommités fleuries de la plante. Elle se présente sous la forme de plaques compressées, barrettes de couleur verte, brune ou jaune selon les régions de production et se fume généralement mélangée à du tabac : « le joint ». »
« Quelle que soit sa forme, résine ou herbe, le haschich peut être coupé avec des substances plus ou moins toxiques (...). »
 

L’huile

« C’est une préparation plus concentrée en principe actif, consommée généralement au moyen d’une pipe. Son usage est peu répandu en France. »

Source : Site de la MILDECA

Les cannabinoïdes de synthèse

« Totalement fabriquées en laboratoire, ces molécules produisent des effets similaires à ceux du THC. Depuis quelques années, de très nombreuses variétés inédites sont régulièrement créées et mises en vente sur Internet. Comme elles sont toutes nouvelles, elles ne sont pas encore répertoriées comme stupéfiants au moment de leur apparition, d’où une autre (et fausse) appellation de « legal highs » ou « herbal highs ». Depuis 2008, plusieurs de ces molécules ont été détectées dans des « mélanges à base de plantes à fumer » (par exemple sous le nom « Spice », interdit depuis), des « encens », etc. »

Source : « Drogues et conduites addictives - comprendre, savoir, aider ». INPES. 2015

 

Aperçu de quelques utilisations culturelles du cannabis dans l’histoire

En plus de sa production de fibres, le cannabis était déjà connu à l’époque préhistorique pour sa résine qui produit des effets psychotropes chez les humains.

Plusieurs facteurs expliquent le rôle que joue le cannabis dans les diverses sociétés et cultures : les traditions culturelles, les différences climatiques, les pratiques médicinales et les contextes historiques, politiques, législatifs et économiques …

Origine et itinéraires de diffusion controversés

Pour certains, le cannabis tirerait ses origines de l’Asie centrale, tandis que d’autres attribueraient l’origine du cannabis à la Chine. Des archéologues ont découvert un village ancien de la Chine où l’on trouve la plus ancienne utilisation du cannabis dans la décoration, la confection de vêtements, la fabrication du papier et aussi l’alimentation.

"La première circonstance de l’utilisation médicinale du cannabis date vers 2000 avant Jésus-Christ avec l’utilisation de la marijuana par les Chinois, autant dans les pratiques médicales que rituelles. Mais le cannabis était surtout utilisé comme source de fibres.

La première description ethnographique de l’inhalation de marijuana par des peuples anciens comme stimulant psychotrope a été confirmée par un archéologue russe, le professeur S. I. Rudenko en 1929, qui a découvert que la marijuana a également été utilisée par les Scythes dans la vie de tous les jours".

Quelques utilisations culturelles du cannabis à travers l’espace et le temps

"Le cannabis a toujours fait partie des habitudes de vie en Inde et est associé étroitement aux coutumes magiques, médicales, religieuses et sociales de l’Inde depuis des milliers d’années. Depuis 1985, la culture, la possession, l’utilisation et la consommation de tout mélange de cannabis sont devenues interdites et le gouvernement national imposait des pénalités importantes. Mais le cannabis continue malgré tout à faire partie intégrante des cultures de l’Inde.
L’utilisation culturelle du cannabis est répandue dans toute l’Afrique. Bien que la plante ne soit pas originaire de l’Afrique, plusieurs traditions religieuses, médicales et récréatives où le cannabis est fumé ont progressé en Afrique depuis son arrivée il y a plus de six siècles.
En 1549, les Français et les Britanniques ont importé des esclaves angolais de la côte sud-ouest de l’Afrique pour les faire travailler dans les plantations de sucre du nord-est du Brésil. Et ces esclaves ont apporté des graines de cannabis au Brésil qu’ils ont semées entre les rangées de canne … avec l’autorisation des planteurs. « Au XIXe siècle, l’utilisation de la marijuana était interdite à Rio de Janeiro. Toutefois, l’interdiction n’était pas appliquée dans les provinces où les fumeurs continuaient d’utiliser à leur guise la marijuana et ils ont commencé à cultiver leurs propres jardins près de leur maison à des fins personnelles. Souvent, le cannabis était utilisé à des fins médicinales et thérapeutiques ».
En Jamaïque, le cannabis n’est pas connu avant le milieu du 19e siècle, à l’époque où des travailleurs des Indes orientales ont été amenés par les Britanniques pour travailler à long terme en Jamaïque. Actuellement le cannabis est officiellement illégal en Jamaïque mais il est profondément intégré à la culture : utilisation médicinale, rituelle. A noter que pour le mouvement rastafari qui a pris naissance en Jamaïque vers 1930, le ganja (cannabis) considéré comme une herbe sainte, est devenu un symbole fort du mouvement.
 

Source : Bibliothèque du Parlement du Canada

Le cannabis dans un cadre thérapeutique

Des préparations à base de cannabis ont été utilisées en médecine depuis l’Antiquité. Mais dans les années 1930, des inquiétudes concernant le danger lié à l’abus de cette substance ont conduit à l’interdiction progressive de l’utilisation médicale de la marijuana dans la plupart des pays.

Source : Le Vidal

De nombreux pays et états autorisent l’utilisation thérapeutique du cannabis, sous forme de médicaments comme l’Allemagne, le Royaume Uni, l’Australie, la Belgique, la Suisse, Israël et plusieurs états des Etats-Unis ou du Canada. En France, le cannabis a été retiré de la pharmacopée française en 1953.
En 2001, l’Afssaps faisait un point sur l’usage thérapeutique du cannabis et de ses dérivés : « Le cannabis ou ses dérivés pourraient avoir des vertus thérapeutiques dans les traitements symptomatiques des douleurs résistant aux traitements conventionnels, du glaucome à angle ouvert, de l’asthme, de la sclérose en plaques et de l’épilepsie. (…) »

Source : Bulletin n°7 de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Vigilances, 2001) »

 
Réglementation en vigueur en France

Le code de la santé publique fixe le cadre de la production, de la fabrication, du transport, de l’importation, de l’exportation, de la détention, de l’offre, de la cession, de l’acquisition ou de l’emploi du cannabis, de sa plante et de sa résine, des produits qui en contiennent ou de ceux qui sont obtenus à partir du cannabis, de sa plante ou de sa résine.
Le 5 juin 2013, un décret modifiait l’article R. 5132-86 du code de la santé publique, afin de se mettre en conformité avec une directive européenne émise en 2001. Ce décret autorise les laboratoires pharmaceutiques à fabriquer et vendre des médicaments contenant du cannabis ou des dérivés. Depuis le 6 juin, l’’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) peut octroyer une autorisation de mise sur le marché (AMM) à de tels médicaments.

En France, un seul médicament dérivé du cannabis, le Sativex bénéficie depuis le 9 janvier 2014 d’une AMM et devrait arriver sur le marché en 2015, après la fixation de son prix et du niveau de remboursement par l’Assurance-maladie. Il s’agira uniquement de son utilisation pour le traitement symptomatique de la spasticité (contractures) liée à la sclérose en plaques des patients adultes, résistante aux autres traitements.
 

Conséquences de la consommation

 

Effets recherchés

« Les effets varient d’une personne à l’autre, en fonction du produit, de la quantité consommée mais aussi du contexte de consommation (usage solitaire ou présence d’un entourage). Les consommateurs recherchent un état de détente, de bien-être, d’euphorie et une modification des perceptions (par exemple, sensation de mieux entendre la musique). Les émotions et les sentiments sont décrits comme ressentis plus intensément. »
 

Effets indésirables (ou risques)

  • A court terme
Physiquement, la consommation de cannabis peut provoquer des yeux rouges, une augmentation du rythme cardiaque (palpitations), une diminution de la sécrétion salivaire (sensation de bouche sèche), une sensation de faim (voire de fringale).
« Dans les heures qui suivent l’usage de cannabis, les troubles cognitifs observés concernent l’attention, le temps de réaction, la mémoire de travail, et les fonctions exécutives. Il existe par ailleurs une corrélation significative entre l’usage et divers « passages à l’acte » (tentatives de suicide, boulimie, comportements sexuels à risque…) dus à la levée de l’inhibition comportementale. Ces troubles cognitifs ont tendance à disparaître dans le mois suivant l’arrêt de la consommation.
Dans certaines situations ou chez des personnes plus fragiles, la consommation de cannabis peut provoquer une sensation de mal-être et d’anxiété qui va parfois jusqu’au malaise : c’est le « bad trip ». »
 
  • A plus long terme
« Une consommation régulière de cannabis entraîne certains risques, en particulier pour les personnes les plus fragiles (physiquement ou psychologiquement) :

* Risques sociaux : perte de motivation, isolement...

* Risques physiques : pour le système respiratoire, pour le cœur, pour le cerveau, pour les gencives et les dents

* Risques psychiques : diminution des capacités de mémoire immédiate, de concentration, de vigilance, de prise de décision et d’attention chez les consommateurs réguliers, troubles psychiques (ce risque peut être modulé par certains facteurs génétiques, l’âge d’exposition et l’existence préalable d’une vulnérabilité à la psychose ). »

Source : INPES
Plus d’informations dans le dossier « Pas de santé sans santé mentale - Troubles mentaux liés à la consommation de produits psychoactifs »

 

Adolescence et cannabis

  • L’adolescence, période de vulnérabilité
     
    « L’adolescence s’accompagne de nombreux changements physiologiques et physiques, mais c’est également une étape de maturation et d’évolution psychologique complexe. Il recherche de nouvelles expériences associant souvent une certaine résistance aux règles établies. L’adolescence constitue également une phase de curiosité, de prises de risque et de défi.
     
    C’est principalement à cette période que se fait l’initiation à la consommation de substances psychoactives licites (alcool/tabac) mais aussi de certaines substances illicites (cannabis…) : seuls 6,6 % des adolescents de 17 ans n’ont expérimenté aucun de ces 3 produits. Les adolescents manifestent des attentes/motivations très variées, le plus souvent en fonction du genre et socialement différenciées. Ils se révèlent peu sensibles à la mise en garde vis-à-vis des risques sanitaires à long terme car ils ne les perçoivent que comme un risque très lointain ne les concernant pas vraiment.
     
    La plupart des travaux soulignent que chez les adolescents, une première expérience positive avec des substances psychoactives peut influencer l’évolution de la consommation, favorisant des consommations régulières puis, potentiellement la survenue d’une dépendance.
     
    Le cerveau de l’adolescent est plus vulnérable aux substances psychoactives que le cerveau de l’adulte. Il présente la particularité d’être dans un état de transition vers l’état adulte. Les processus de maturation cérébrale (qui se poursuivent jusqu’à environ 25 ans) entraînent une vulnérabilité exacerbée de l’adolescent vis-à-vis de la neurotoxicité des substances psychoactives en général. Une zone du cerveau, le cortex préfrontal, qui permet la prise de décision, l’adaptation du comportement à la situation, est plus particulièrement concernée par cette maturation à l’adolescence.
     
    Quel que soit le produit considéré, la précocité de l’expérimentation et de l’entrée dans la consommation accroît les risques de dépendance ultérieure et plus généralement de dommages subséquents. »
     
     
  • Les Consultations Jeunes Consommateurs
     
    « Les « Consultations Jeunes Consommateurs » (CJC) sont des lieux d’accueil et de prise en charge dédiés aux publics jeunes, qui consomment des substances psychoactives (alcool, tabac, cannabis, cocaïne...) ainsi qu’à leur famille. Mises en place à partir de 2004 par les pouvoirs publics, ces consultations sont gratuites et garantissent l’anonymat.
     
    Par une pratique clinique intégrant à la fois les phénomènes de l’adolescence et une position addictologique centrée sur la personne et non sur le seul produit, les consultations permettent d’améliorer la prise en charge des jeunes consommateurs. Elles doivent (…) « réaliser une évaluation de la situation médico-psycho-sociale du consommateur et repérer un éventuel usage nocif, offrir une information et un conseil personnalisés, une prise en charge brève… accompagner ou proposer une orientation des personnes en difficulté… et offrir un accueil et une orientation à l’entourage... » ; il s’agit d’établir une alliance thérapeutique entre le jeune et celui qui l’accueille. »
     
     

    Les consultations avancées pour orienter/accompagner vers les CJC

     
    « Les professionnels en contact avec les jeunes (éducation nationale, foyers, missions locales, PAEJ, MDA etc.) expriment leur difficulté à (…) orienter « les jeunes » vers la Consultation. ... Les orientations nécessiteraient le plus souvent un accompagnement physique. Pour améliorer l’accessibilité au dispositif, des CJC proposent des consultations avancées ou des permanences à la demande, au sein même des institutions." (…) »
     
    « La Consultation avancée facilite la rencontre avec les jeunes usagers en proposant dans les lieux qu’ils fréquentent, un espace spécialisé sur les conduites addictives, identifié comme tel, afin de promouvoir une équité sociale et sanitaire sur un territoire. ... Elle offre un espace d’information, de conseil, d’échanges, de prévention et d’évaluation des conduites addictives où le jeune peut aborder ses propres usages ou ceux de ses proches." (…)
     
    "S’il est convenu avec le jeune reçu à la Consultation avancée de poursuivre le suivi :
  • il peut être reçu à la Consultation Jeunes Consommateurs ou au CSAPA, notamment en cas de rencontre au sein des établissements scolaires où une démarche de soin ne peut être entreprise.
  • la prise en charge peut se faire à la Consultation avancée notamment en cas de problème de mobilité pour accéder au CSAPA (en milieu rural par exemple). »
 

Source : « Guide Pratique sur les Consultations Jeunes Consommateurs ». Fédération Addiction. 2012

 

Intoxications pédiatriques au cannabis

  • Augmentation des signalements d’intoxications pédiatriques au cannabis par ingestion accidentelle - Point d’information du 19 octobre 2015
    Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), "une hausse des signalements d’intoxications pédiatriques au cannabis est observée depuis 2014. Ces intoxications touchent principalement les enfants de moins de 2 ans. Elles font le plus souvent suite à l’ingestion accidentelle de cannabis dans l’environnement familial.

    Au total, le réseau d’addictovigilance a rapporté 140 notifications d’intoxications pédiatriques au cannabis entre 2010 et 2014, dont 59 pour la seule année 2014. Les investigations ont montré que les intoxications surviennent le plus souvent dans un cadre familial ou au sein de l’entourage proche. 

    Au vu de ces résultats, l’ANSM attire l’attention des professionnels de santé et du grand public sur les risques que présente l’ingestion de cannabis par le nourrisson ou l’enfant. 

    En cas d’ingestion ou de suspicion d’ingestion de cannabis, les structures d’urgences (Samu Centres 15) doivent être immédiatement prévenues. Les principaux signes cliniques retrouvés au cours d’une intoxication aiguë au cannabis peuvent être une somnolence avec des phases d’agitation, des vomissements, des tremblements, des convulsions, une détresse respiratoire, voire un coma."

    Source : Site de l’ANSM

    Que dit la Loi ?

  • « En France, le cannabis est régi par la Loi n° 70‐1320 du 31 décembre 1970 relative aux mesures sanitaires de lutte contre la toxicomanie et la répression du trafic et de l’usage de substances vénéneuses, JO du 2 janvier 1971.
     
    « Le cannabis est un stupéfiant. Son usage, sa culture, sa détention ou sa vente sont interdits. Cette interdiction concerne toute la plante, mâle ou femelle, le pollen, l’herbe, le haschich, l’huile, quelles que soient les quantités. »
     
    « Sa culture (…) est assimilée à la production illicite de stupéfiants, considérée comme un acte de trafic grave sanctionné par une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion et 7 500 000 euros d’amende, quelle que soit la quantité. En pratique toutefois, lorsque la culture est limitée et destinée à l’usage personnel du planteur, les tribunaux peuvent prononcer des peines beaucoup plus faibles, comparables à celles encourues pour usage. Remarques : Si la peine prononcée tient compte des quantités cultivées, l’usager planteur reste considéré comme un trafiquant. À ce titre, il peut encourir de nombreuses interdictions professionnelles. En outre, son casier judiciaire mentionnera une condamnation pour trafic et non pour usage, ce qui constitue un obstacle sérieux à son insertion professionnelle. »
     

    Source : Site de la MILDECA

     

    5.3/ Les peines encourues

     
    « Les sanctions réellement prononcées varient grandement. En effet, les magistrats tiennent compte de la situation personnelle de l’usager et disposent de nombreuses options pénales.
     
    • Les peines principales : L’usager encourt un an d’emprisonnement, 3 750 euros d’amende ou l’une de ces deux peines seulement. Cette peine peut être portée à 5 ans d’emprisonnement et/ou 75.000 euros d’amende lorsqu’elle a été commise dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, ou par le personnel (y compris intérimaire) d’une entreprise de transport terrestre, maritime ou aérien, de marchandises ou de voyageurs exerçant des fonctions mettant en cause la sécurité du transport.
    • La peine complémentaire : (…) stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants
    • Les peines alternatives à la prison : (…) diverses peines privatives ou restrictives de liberté (…)
    • Les interdictions professionnelles (…)
    • Les alternatives aux poursuites : (…) l’usager majeur peut se voir proposer diverses mesures qui si elles sont exécutées, entrainent l’arrêt des poursuites (le paiement volontaire d’une amende, l’exécution d’un travail non rémunéré, la remise de son permis de conduire ou de chasser, la réalisation d’un stage payant de sensibilisation aux dangers de l’usage de stupéfiants.)
    • L’injonction thérapeutique : (…) Le Procureur peut enjoindre à un usager, même mineur, de se soigner. Les poursuites sont alors suspendues. (…)
    • Les mesures d’obligation de soins : (…) ces mesures sont applicables à tous les justiciables présentant un problème de dépendance (drogues illégales, alcool), et quelle que soit l’infraction initiale concernée : infraction à la législation sur les stupéfiants, ou tout autre crime ou délit. (…) »

    Source : Site de la MILDECA

     

    Différencier légalisation et dépénalisation

    « La légalisation signifie que l’usage de drogue est autorisé et que sa production et sa commercialisation sont également permises. La dépénalisation, en revanche, supprime les sanctions pénales (amende et emprisonnement) associées au comportement d’usage sans nécessairement supprimer l’interdit et prévoit éventuellement d’autres formes de sanctions (amendes administratives par exemple). »
     

    Source : Site de la MIDECA

     

    En savoir plus sur la législation

    Consommations de cannabis dans le monde, en France et dans les DOM

    « Dans l’ensemble, la consommation de cannabis semble être en baisse, mais la perception des faibles risques pour la santé conduit à une consommation plus élevée en Amérique du Nord. Bien qu’il soit trop tôt pour sentir les effets des nouveaux marchés réglementaires rendant légale la consommation récréative du cannabis dans certains Etats des Etats-Unis et de l’Uruguay, sous certaines conditions, un plus grand nombre de personnes subissent un traitement pour des troubles liés au cannabis dans la plupart des régions du monde, y compris en Amérique du Nord.
     
    Le rapport indique qu’il est encore trop tôt pour comprendre quel impact ces modifications réglementaires auront sur la consommation de la marijuana, à la fois en ce qui concerne la santé, la justice, et les dépenses publiques. “Des années de recherches attentives et minutieuses seront nécessaires pour comprendre les effets de ces mesures afin qu’elles puissent orienter les nouvelles politiques et les futures décisions. »
     
    « À l’échelle mondiale, on estime qu’en 2012, entre 162 millions et 324 millions de personnes, soit entre 3,5 % et 7,0 % de la population âgée de 15 à 64 ans, avaient consommé une drogue illicite - généralement une substance de type cannabis, opioïde, cocaïne ou stimulant de type amphétamine - au moins une fois au cours de l’année écoulée. »
     
    « En France, le cannabis est le premier produit psychoactif illicite consommé à l’adolescence.
    En 2011, 42 % des adolescents de 17 ans ont déjà fumé du cannabis au moins une fois (39 % des filles et 44 % des garçons). Les garçons sont plus consommateurs que les filles qui expérimentent plus tardivement le produit. Les premières expérimentations, encore très rares à l’entrée au collège, sont observées dès les dernières années de collège (11 % des élèves de 4ème, 24 % des élèves de 3ème) et concernent près d’un lycéen sur 2 en 2011. Les usages réguliers de cannabis (au moins dix fois dans le mois) concernent 2 % des élèves de 3ème en 2010-2011, 6 % des élèves de 2nde, 7 % des élèves de terminale. Parmi les adolescents âgés de 17 ans, 5 % présenteraient en 2011 un risque d’usage problématique voire de dépendance : 7 % des garçons et 3 % des filles.
     
    La France, avec le Canada, la République tchèque, la Suisse, les États-Unis et l’Espagne, se situe en 2011 parmi les pays où la prévalence de consommation de cannabis chez les adolescents est la plus élevée. »
     

    9 % des 15-30 ans sont des « polyconsommateurs » en consommant régulièrement au moins deux produits psychoactifs.

    Chez les étudiants, le lien entre les addictions aux différents produits (tabac, alcool, cannabis) est criant. Et d’après le Baromètre sur la santé des étudiants publié par le réseau français des mutuelles de proximité EmeVia : « Les consommateurs réguliers de cannabis sont dans la majorité des cas des fumeurs de tabac quotidiens et des consommateurs importants d’alcool. La consommation de cannabis est la porte d’entrée aux autres drogues (poppers, champignons hallucinogènes et cocaïne). La consommation de produits addictifs, notamment le cannabis, l’alcool et le tabac favorise la participation des étudiants à des jeux d’argent. »

     

    Source : « Conduites addictives chez les adolescents – Une expertise collective de l’Inserm ». 2014

     

    Consommation dans les DOM

    « Alors que la consommation de l’herbe et sa culture se sont fortement développées en Europe et en métropole au cours de la période récente, le cannabis est dans les DOM, depuis toujours, principalement consommé sous cette forme. Dénommé « zamal » à La Réunion, « zeb » en Martinique et en Guadeloupe, (« kali »en Guyane et « bangué » à Mayotte), cette herbe est produite de façon locale ou provient des pays voisins. La résine de cannabis, acheminée de la métropole (échanges aériens ou postaux), ne représente qu’une faible part de la consommation. »
     
    Le magazine Tendances N° 93 de l’OFDT (Juillet 2014) concernant « Les drogues à 17 ans, situation dans les DOM » (hors Guyane et Mayotte), analyse les résultats des 3 dernières enquêtes ESCAPAD (2005, 2008 et 2011) à la Guadeloupe, à la Martinique et à La Réunion. Il y étudie les niveaux de consommations de produits psychoactifs tout en comparant ces données à celles recueillies en métropole. Globalement, la proportion de consommateurs de substances psychoactives apparaît plus faible que chez les jeunes de l’Hexagone.
     

    Mêmes proportions d’usagers dans les DOM et en métropole

    « En 2011, le cannabis est le produit pour lequel les niveaux de consommation sont les plus proches entre la métropole et les DOM. » (…)
     
    « L’usage de cannabis est globalement moins fréquent qu’en métropole, excepté à La Réunion où le niveau d’expérimentation est comparable à celui de la métropole (40 % versus 41,5 %). Les usages réguliers de cannabis s’avèrent toutefois comparables.
     
    Il faut néanmoins souligner une plus grande précocité des consommations à La Réunion, puisqu’à 13 ans, 31 % des jeunes déclarent avoir déjà été ivres (contre 16 % en métropole), 5 % fument quotidiennement (contre 2 % en métropole) et 9 % ont déjà expérimenté le cannabis (contre 5 % en métropole) (Beck et Richard, 2011). Si l’on tient compte du fait que la précocité d’entrée dans les usages est un marqueur significatif du risque de basculement dans des usages problématiques, il y a là certainement un enjeu majeur de prévention dès le début du collège, au moins à La Réunion."
     
    « Risque d’usage problématique de cannabis plus élevé dans les DOM » (deux fois plus élevé parmi les jeunes Domiens).
     
    « 25 % des adolescents des DOM et près de 35 % de ceux de la métropole déclarent avoir consommé du cannabis au cours des 12 mois précédant l’enquête ESCAPAD (usage actuel). Parmi ces usagers actuels dans les DOM, plus du tiers présentent un risque élevé de dépendance (33 % en Guadeloupe, 37 % en Martinique et à La Réunion), soit deux fois plus qu’en métropole (18,4 %). Au total, près de 9 % de l’ensemble des jeunes de 17 ans vivant dans les DOM sont classés comme consommateurs à risque, contre 6 % des adolescents de la métropole. »
     

    Source :« Tendance OFDT – Les drogues à 17 ans, situation dans les DOM »

     

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    Mais aussi

    Quelques outils à destination des professionnels

    • « Drogues et conduites addictives - comprendre, savoir, aider ». INPES. 2015 : Fruit de la collaboration des pouvoirs publics (le ministère de la santé, l’Inpes et la Mildeca) avec les principaux acteurs de prévention, le nouveau livre Drogues et conduites addictives s’appuie sur les chiffres de consommation et sur les résultats de recherche les plus récents. Il est destiné en première intention aux professionnels de la santé, du social et de l’éducation mais intéressera aussi le grand public.
    • « Conduites addictives chez les adolescents », une expertise collective de l’Inserm. 2014 « Bilan des connaissances scientifiques sur les vulnérabilités des adolescents (âgés de 10 à 18 ans) à l’usage de substances psychoactives dont la consommation est notable chez les jeunes et pour lesquelles un risque de comportement addictif est avéré (alcool, tabac, cannabis), mais aussi aux pratiques identifiées comme pouvant devenir problématiques (jeux vidéo/Internet, jeux de hasard et d’argent). La commande de la MILDT portait également sur l’analyse des stratégies de prévention et d’intervention efficaces pour cette tranche d’âge. »
    • « Cannabis, données essentielles ». OFDT. 2007 Cet ouvrage vise à « décrire de manière synthétique les consommations, l’offre, les problèmes liés à ces consommations, les prises en charge, les perceptions et les représentations et la réponse publique apportée au cannabis. »
       

    Quelques outils à destination des parents

    • « Cannabis, les risques expliqués aux parents ». INPES Cette brochure destinée aux parents, à pour objectif de leur apporter d’une part les informations concrètes qui leur permettront de connaître les risques démontrés de la consommation de cannabis, en termes de santé et de développement personnel de l’adolescent et de leur donner d’autre part des clés pour un dialogue avec leur enfant afin de lui apporter des arguments pour éviter toute consommation ou lui éviter de poursuivre après une première expérimentation.
     

    Quelques outils à destination des jeunes et/ou des usagers

    Publié le 16 mars 2015
    Mis à jour le 1er novembre 2015
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