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Bibliographie - Documents téléchargeables

Titre La prévention des conduites addictives ou la recherche d’efficacité des actions de santé publique. SAOME. Février 2020
Codification
Auteur(s)
Edition SAOME
Année 2020
Lieu d'édition
Thème Comportement,Drogue,Législation / orientations politiques,Outre-mer,Prévention,La Réunion,Mayotte
Lieu de consultation
Type de document Article
Format En ligne
Lien web
Résumé
Cet article vient en complément du focus de l’infolettre de février 2020 sur ce thème.

La prévention des conduites addictives chez les jeunes est une des priorités du gouvernement.
Or comment s’assurer qu’une intervention de santé publique est efficace ?
Quels fondamentaux mettre en œuvre pour qu’un programme ait un impact positif sur les populations ?

Santé publique et dispositifs de prévention « efficaces »

Un des enjeux majeurs des dispositifs de prévention est de s’assurer qu’ils répondent bien aux objectifs pour lesquels ils ont été déployés.
La recherche de l’efficacité et de l’efficience des actions publiques est une préoccupation croissante à la fois au niveau national et international, par le choix d’approches ou d’interventions fondées sur des preuves (evidence-based).

<D’après Contandriopoulos et al., 2000 ; Champagne et al., 2008 ; Brousselle et al., 2009



En 2019, la CIPCA [1] a rendu des rapports et des fiches synthétiques portant sur l’évaluation de 5 programmes de prévention des conduites addictives à destination des jeunes. Les résultats de l’évaluation indiquent que certains programmes sont efficaces et que d’autres sont contre-productifs, à savoir qu’ils peuvent augmenter l’intention de consommer des jeunes, au lieu de la réduire.

Le développement des compétences psychosociales (CPS) semble constituer un axe central des programmes ayant montré des preuves d’efficacité dans le champ de la prévention de l’usage des substances psychoactives chez les jeunes. Elles aident en effet les individus à faire face aux situations problématiques, et à exercer des choix favorables à leur santé physique, mentale et sociale.

Le plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 encourage ainsi à déployer, dans chaque région académique, des programmes validés visant à développer conjointement les CPS des jeunes et les compétences parentales.
Cette dynamique est relayée à La Réunion et à Mayotte, via :

S’appuyer sur des données probantes, pourquoi ?

Il s’agit, avant de mettre en place une action, une intervention ou un programme, de rechercher des données validées par un protocole scientifique ou par une évaluation, de les étudier, de s’inspirer des critères afin d’augmenter l’impact et d’atteindre les objectifs fixés dans le projet, l’action, le programme.
S’appuyer sur des données probantes permet :

  • D’améliorer la pratique et les actions ;
  • De donner une légitimité auprès des partenaires et des financeurs ;
  • De crédibiliser le projet et même au-delà : l’éducation et la promotion de la santé.

Il est par ailleurs indispensable de prendre en compte la question de la transférabilité des programmes validés à d’autres contextes, afin de s’assurer de leur efficacité.

Où trouver des données probantes ?

L’accès aux données probantes implique une recherche souvent fastidieuse, celles-ci étant la plupart du temps en anglais et dans un jargon scientifique, avec parfois un accès payant.
L’idéal est ainsi de pouvoir s’appuyer sur des publications fiables qui ont déjà fait ce travail.

À ce jour, une centaine de programmes y sont recensés dans différents domaines : addictions, maladies transmissibles et non transmissibles, nutrition et activité physique, parentalité, enfance et jeunes, précarité, réduction des inégalités, santé au travail, santé mentale, santé sexuelle …
En France, des expérimentations régionales sont en cours dans différents milieux de vie, évaluées par des équipes de recherche différentes : Good Behaviour Game, Prodas, Unplugged, Programme de soutien aux familles et à la parentalité (PSFP), interventions basées sur la pleine conscience à l’école, Panjo, Primavera, etc.

Où en sommes-nous à La Réunion et à Mayotte ?

A La Réunion et à Mayotte, plusieurs expérimentations sont en cours, en écoles primaires, collèges, lycées, auprès des familles, au niveau du RSMA...
La majorité des programmes implantés sont validés ou prometteurs, d’autres sont développés par des acteurs locaux qui s’appuient à cet effet sur de données probantes.

L’association SAOME bénéficie depuis 2016 d’une expérience dans l’implantation de dispositifs validés.
Dans le cadre de son CPOM [2] l’association a notamment pour objectif d’améliorer la qualité des interventions et des pratiques en prévention des conduites addictives à La Réunion, par le biais :

  • D’une veille et d’une identification des protocoles et programmes d’intervention validés ayant fait la preuve de leur efficacité ;
  • D’une assistance à maitrise d’ouvrage auprès de l’ARS, ou le cas échéant auprès des promoteurs retenus par l’ARS, pour le déploiement de projets innovants et expérimentaux ;
  • D’une contribution au transfert de connaissances et des méthodes d’intervention
    • En ayant un rôle d’interface ente le monde de l’expertise, de la recherche et les praticiens de terrain ;
    • En pilotant des groupes de travail autour d’expérimentations portées par des acteurs de santé.

SAOME intervient également en appui à la préfecture et à l’ARS de Mayotte et auprès des partenaires volontaires pour implanter des dispositifs innovants sur leur département et/ou concevoir des programmes basés sur des données probantes.

Pour plus d’informations, contactez Charlotte BEAURAIN, responsable des dispositifs innovants à SAOME : cbeaurain.prev@saome.fr

Publié le 12 février 2020