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Les addictions en Martinique

"Le plan régional de lutte contre les drogues et les conduites addictives, constitue le cadre de référence stratégique de lutte contre les addictions pour la période 2015-2017 de la Martinique.

Il répond aussi bien à la déclinaison du plan gouvernemental 2013-2017 en région qu’aux besoins et spécificités locales.

La Préfecture de la Martinique travaille depuis de nombreuses années de façon dynamique et complémentaire avec l’Agence Régionale de Santé (ARS).
Le plan régional a été élaboré sous l’égide des deux administrations

Ce dossier dédié à la Martinique en est un extrait.

Pour en savoir plus et accéder aux données chiffrées, suivre le lien vers le Plan régional de lutte contre les drogues et les conduites addictives 2015-2017 de Martinique.

 

La situation à la Martinique
Produits licites
L’usage d’alcool est relativement répandu en Martinique alors qu’elle est la région de France où la consommation de tabac est la plus faible.
L’alcool est la principale substance psychoactive utilisée en Martinique, que ce soit chez les jeunes ou chez les adultes. Les consommations d’alcool se font plus sur un mode hebdomadaire ou occasionnel que quotidien.
Le département se place dans les six régions les plus concernées par le risque de dépendance (12,6%).
Le champagne est la boisson alcoolisée la plus consommée, suivie par le vin, la consommation d’alcool fort étant moindre.

Produits illicites
L’usage des produits illicites se caractérise par un recours préférentiel aux produits qui se fument (cannabis et crack) contrairement à la variété de produits présents dans l’Hexagone (héroïne, ectasy, amphétamines, GBH, GBL…) très peu présents en Martinique.
Le crack et cannabis sont beaucoup plus présents dans la rue alors qu’à domicile ou dans le milieu festif privé ou public (boîte de nuit) où l’on assiste à la consommation de cocaïne essentiellement et dans une moindre mesure l’ecstasy et l’héroïne. Si elle reste circonscrite à une population très marginalisée, la consommation de crack à la Martinique, a des conséquences dévastatrices sur les plans sanitaire, social et humain.
La prévalence de la consommation de crack est estimée à 5 personnes pour 1000 en Martinique, mais elle s’élève à 1% chez les 15-44 ans.
Il ne faut pas oublier de préciser l’association très fréquente réalisée par les consommateurs, de boissons alcoolisées (bière ou rhum dans la rue, vins et autres à l’intérieur) avec les produits qui se fument chez les jeunes.

Les consommateurs pris en charge
En ce qui concerne les consommateurs, les populations prises en charge dans les structures de soins sont généralement âgées entre 18 et 50 ans et plus, de sexe masculin (8 à 9 hommes pour 1 femme), présentant des difficultés sociales, souvent précaires voire marginalisées.
Les structures doivent généralement concilier soins et accompagnement social dans les programmes de prise en charge proposés.
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L’organisation du système de santé dans le domaine des addictions à la Martinique
Dispositif de prévention
Même si l’on dénombre très peu d’opérateurs spécialisés dans le champ (entre 3 et 5 recevant régulièrement des financements spécifiques de l’ARS ou de la MILDECA), on peut souligner leur bonne implantation et leur importante mobilisation sur l’ensemble du territoire.
Ces opérateurs sont majoritairement des associations, des établissements médico-sociaux, des collectivités et des structures privées et les interventions menées prennent principalement la forme de :
● séance d’éducation et / ou d’information en milieu scolaire,
● action d’information grand public,
● action de sensibilisation,
● action de repérage, d’écoute, d’orientation et d’accompagnement.
La Martinique compte quatre CJC rattachées au secteur psychiatrique (notamment à la pédopsychiatrie (Centre Médico-Psychologique secteur pédopsychiatrique). Par ailleurs, ont été implantés des points d’écoute au niveau des établissements scolaires, rattachés aux CJC. Ces points d’écoute facilitent l’orientation et l’accompagnement au sein des CJC voir du CSAPA pour adolescents.

Dispositif de prise en charge
Il comprend des structures médico-sociales et hospitalières.

Les Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictions (CSAPA) Actuellement, il existe 6 CSAPA et le dispositif couvre l’ensemble des territoires de proximité de la Martinique :



Globalement, l’activité de prise en charge est graduelle selon le niveau de consommation et le statut du consommateur :
● Jeunes : CSAPA Maurice Despinoy qui oriente vers les Centre Médico-Psychologique (CMP) ou les Centres de soins pour adolescents (CSA) lorsque nécessaire ;
● Adultes : CMPAA, CSAPA Saint-Esprit ;
● Adultes en difficulté sociale : CROIX ROUGE FRANCAISE (déploie également un programme de réduction des risques et consultations avancées à la Mangrove dans le cadre de leur Centre d’Aide et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour les Usagers de Drogues) ;
● Adultes avec des difficultés sociales et psychiatriques : CSAPA du CHUM (Clarac)
La file active est d’environ 2500 personnes par an.

Le CSAPA de Clarac a été nommé référent afin de garantir une bonne coordination de la prise en charge et favoriser l’articulation avec les services hospitaliers.

Les Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD)
En Martinique, il existe un CAARUD porté par la Croix-Rouge Française.
Depuis 2014, il dispose d’un véhicule adapté pour accueillir les usagers dans leur milieu (CAARUD mobile). Le principe est de réaliser deux maraudes en journée par semaine sur des sites différents. Il effectue aussi de la distribution de brochures d’information et de préservatifs ainsi que des consultations médicales, psychologiques et sociales.

La file active est d’environ 30 personnes par an avec nombre de visites allant de 200 à 400 personnes.

Les unités hospitalières d’addictologie
En Martinique, le dispositif hospitalier d’addictologie s’organise ainsi :
● Le CHUM antenne du centre dispose de 2 lits destinés aux urgences psychiatriques, et de 10 lits pour les personnes souffrant de troubles bipolaires.
Une unité de tabacologie est en cours de création.
● Le CHUM antenne de Trinité propose du traitement de sevrage simple.
● Le CHU du Saint Esprit dispose d’une activité de soins de suite spécialisés (SSR) en addictologie avec 21 lits et une activité de sevrage de niveau II dans 16 lits de médecine.
● Le Centre Maurice Despinoy porte les Consultation jeunes consommateurs (CJC), les Centres médico-psychologique (CMP) antennes du Robert et de Fort-de-France et le Centre de Soins pour Adolescents (CSA),
● L’ELSA : Deux antennes existent, portées par le CHUM (Fort-de-France et Trinité).

La coordination du dispositif : le Réseau Addictions Martinique
Le Réseau Addictions Martinique a pour missions de :
● coordonner les actions,
● dispenser de la formation aux professionnels,
● mettre à disposition et diffuser des outils de référence,
● mutualiser les moyens entre structures en charge d’addictologie.

L’ARS s’appuie sur le RAM autour des objectifs suivants (Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens) :
● contribuer à l’amélioration de l’organisation et la planification du parcours de santé sur les 4 territoires de proximité ;
● orienter la prise en charge du patient en situation complexe, en relation avec le professionnel de santé de premier recours ;
● apporter un appui et un accompagnement aux différents acteurs intervenants auprès de la population ;
● favoriser la bonne articulation entre la ville et l’hôpital et avec les intervenants des secteurs sanitaire, prévention, médicosocial et social ;
● appuyer la politique de santé.

Voir également l’annuaire de l’addictologie et des comorbidités en Martinique édité par le Réseau Addictions Martinique.
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L’action de l’État en matière de lutte contre le trafic et application de la loi
Les principaux services de l’État qui participent à la lutte contre les trafics sont :
● L’OCRTIS (office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants)
● L’action de l’État en mer
● La douane et les gardes côtes
● La police et la gendarmerie nationales
● Le GIR (groupe d’intervention régional)
● Le CIFAD (Centre Interministériel de Formation Anti-Drogue).

Problématiques identifiées par les acteurs
Il existe en Martinique un déficit de diagnostic actualisé sur les comportements addictifs, associé à un manque d’évaluation pertinente des besoins des jeunes.

En ce qui concerne les femmes et femmes enceintes
Le lobbying autour de l’alcool est bien présent à la Martinique. Des visuels attractifs à destination des femmes ont tendance à féminiser les alcools, à en cacher la présence et à le banaliser. Certaines adolescentes (17-20 ans) cultivent le goût du risque avec une perte des valeurs. Leur consommation festive entraîne quelques fois des conduites à risque sexuel et des comportements de prostitution.

Populations vulnérables
Dans le champ de la prévention à destination des populations vulnérables, des liens de partenariat forts existent entre les différents acteurs notamment avec la Police et la Gendarmerie nationale, les associations de quartiers, les municipalités. Cependant, des points faibles subsistent.
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Conclusion
Au niveau de l’accompagnement médico-social, l’existence de structures avec des équipes pluridisciplinaires permet une collaboration et un partenariat entre les professionnels, un accompagnement de proximité des usagers et l’utilisation d’une diversité de méthodes de prise en charge (individuelle, collective) en passant par les consultations avancées, les évaluations sociales, les dispositifs de réduction des risques…
Toutefois, le manque de coordination entre les structures, la difficulté à identifier les missions de chacune, le manque de formation des intervenants, l’insuffisance de structures spécifiques et d’acteurs entraînent des difficultés à adapter la prise en charge en fonction des besoins et des profils des publics.
Publié le 16 mars 2017
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